mardi 5 juillet 2011

Le concept de SUP "Obus"

Les dernières infos sur la collaboration de Laird Hamilton avec la société Puma et notamment son nouveau prototype de flotteur de SUP dessiné par le célèbre architecte naval Juan Kouyoumdjian m'incitent à révéler un peu plus tôt que prévu quelques uns de mes derniers travaux.
Non pas que je me compare à ces grands hommes (quoique vous connaissiez bien mon immodestie ;-) mais surtout pour éviter d'être bêtement coincé par un dépôt de brevet ou de modèle qui bloquerait des mois de réflexions.

J'étudie donc depuis quelques temps des formes performantes pour des flotteurs de SUP en m'inspirant de la logique de la mécanique des fluides aussi bien que des dernières formes de carènes de voiliers planants en passant par d'autres travaux sur les foils, et j'arrive à ce même esprit de planches très large sur l'arrière, en forme "d'obus" avec un arrière tronqué : ceci permet en théorie de prendre de la vitesse plus facilement puisque la longueur de carène est artificiellement prolongée par le sillage lui-même.

On obtient donc un flotteur qui resterait efficace en vitesse comme un longboard, mais qui étant plus court et plus léger peut permettre des performances séduisantes, sur le plat comme sur la houle. En downwind comme en upwind. En race comme en vagues.
En théorie, et selon mes propres conclusions qui je le rappelle n'engagent que moi !

Par contre pour l'étrave je ne suis pas dans la même logique que celle des étraves perce-vagues comme toutes les dernières planche SUP de race.
Je m'oriente plutôt sur un rocker léger avec un fond plat et des rails arrondis, et une étrave type "bateau" seulement au-dessus de la ligne de flottaison et uniquement pour éviter que les quelques vagues de clapot plus hautes que les autres ne freinent la progression.

Le fond plat permet de passer sur les vagues, réduisant ainsi par l'effet de glisse et l'émulsion due aux impacts sur les crêtes le nombre de particules d'eau qui accrochent la carène, et sans avoir à écarter le fluide comme une carène à déplacement ce qui peut provoquer résistance et surface mouillée (donc frottements) supplémentaires.
De plus les rails arrondis facilitent le passage au semi-planing en corrélation avec chaque coup de pagaie : à chaque accélération le flotteur "monte" sur la surface et présente moins de surface sur et dans l'eau, et donc encore moins de frottement...

Ces dernières options augmentées d'un nouveau concept à double ailerons alignés (le premier aileron fend l'eau pour faciliter la pénétration du second qui empêche les turbulences de freiner le premier : le même principe que deux voitures de course qui se suivent très rapprochées, elles sont plus rapides et consomment moins que si elles étaient plus espacées) devrait pouvoir permettre une progression assez sensible dans les performances : au coup de pagaie la carène réduit sa surface mouillée tout en conservant voire en allongeant sa ligne de flottaison virtuelle, et la surface augmentée des ailerons réduira d'autant l'effet de row tout en diminuant le frein de leurs traînées...

Pour l'instant tout ceci n'est que théorique, mais je ne désespère pas de pouvoir très bientôt l'expérimenter sur un custom. Restez branchés !

Pour vous faire patienter voici quelques images de cette conception en ce qui concerne la forme du flotteur lui-même :



11 commentaires:

  1. intéressant... par contre pour l'étrave, j'avoue que le côté carène à déplacement, je le trouve très avantageux dès que ça clapote un peu, quand c'est plat dessous avec juste du scoop, ben ça tape beaucoup, voire ça donne carrément un coup de frein à chaque clapot, pour peu que le clapot épouse la courbe du scoop alors là on scotche systématiquement. Je comprends bien l'intérêt d'abaisser la surface mouillée, ce que ne fait pas la carène à déplacement, mais comment éviter les coups de frein du coup?
    Un autre aspect qui m'interpelle avec cette largeur arrière très forte, c'est la forme du coup de pagaie qui ne sera plus "parallèle à l'axe de la planche" mais de côté et qui va renforcer le row.
    Intéressant le coup du double aileron, à voir si le concept fonctionne bien ;)

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  2. Merci pour tes commentaires Lomic.
    L'étrave "bateau" peut être très gênante dans le clapot court comme on en a en Méditerranée car elle présente une surface sensible aux vagues cassantes irrégulières de côté. Et bien sûr dans cette version plate l'étrave ne doit pas être trop relevée sous peine de réagir en collant en cas de vagues avec le même creux comme tu dis, mais si le rocker est assez tendu, alors au lieu de coller et grâce aux rails que j’appellerais "à dégagement" on survole la surface, et ceci quel que soit le clapot (enfin c'est ma théorie).
    En ce qui concerne les coups de pagaie justement si on rame en suivant le rail on limite d'autant le row (la pagaie s'écarte sur l'arrière, comme la technique de rame "à la tahitienne"). Mais ce flotteur est prévu pour un "gros gabarit" (~1m80 et ~100kg) et la rame rectiligne ne pose pas de problème non plus.

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  3. J'ai trouvé ton article super intéressant!

    Je commence tout doucement à m'intéresser aux carènes à déplacements et aux carènes planantes, et je suis encore largement un néophyte dans ce domaine, alors forcément ton article ne pouvait que m'intéresser...

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  4. Merci Pierre pour tes encouragements !

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  5. bonjour,
    j'ai un temps été intéressé par les mêmes conclusions en ce qui concerne le va'a, autre engin à rame, qui reste très "traditionnel" dans son esthétique "double ender".
    La théorie c'est chouette mais j'avoue que la seule pirogue que j'ai pu tester qui avait tenté la "troncature" arrière était un vrai fer à repasser ... du coup je m'interroge, tant il est vrai que les lois de la physique sont très subtilement nuancées suivant que l'on ramouille à 10 km/h où que l'on bombarde à la voile à 20 ou 30 !

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  6. Merci Vaatoru pour ton commentaire, et oui tu as raison quand tu parles des subtilités physiques de l'équilibre des combinaisons de facteurs...
    Tronquer une forme traditionnelle ne peut pas être la solution dans la mesure ou justement cette forme a déjà intégré beaucoup d'éléments éprouvés par le temps. Dans ce cas ÀMHA la troncature peut s'apparenter à une amputation pure et simple de ses possibilités !
    Par contre ça mériterait d'être étudié avec une modification en rapport des autres éléments de carène, sans perdre de vue que dans ce cas on pourrait ne plus parler de Va'a mais d'un nouvel engin nautique !
    Dans le cas de mon concept de SUP "obus" il ne t'aura pas échappé qu'il ne s'agit pas d'une troncature d'une forme existante, mais bel et bien d'une nouvelle forme de flotteur à part entière.

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  7. oui tout à fait ! Cependant en augmentant le maitre bau et évasant la forme pour faire une coque planante, tu perds tout l'avantage des coques fines : Le rapport Longueur/largeur, le rapport Longueur/profondeur immergée, qui adoucissent la barrière de la vitesse de coque, et enfin tu augmentes la surface mouillée, ce qui n'est pas sympa pour les muscles du rameur !
    En même temps tout dépend de la rame. Un va'a ou un sup, c'est quand même pas bezef de watts comparé à un aviron par ex !

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  8. L'équilibre est effectivement à trouver.
    La limite de vitesse de carène en rapport direct avec la longueur de coque et donc l'ondulation créée par icelle reste une notion propre aux carènes à déplacement (pour plus d'infos le lecteur curieux cherchera dans ses traités d'architecture navale).
    C'est justement cette notion que je propose de dépasser ici avec une coque planante utilisant au mieux la faible puissance de l'élément propulseur qui nous intéresse céans, à savoir la pagaie, en tablant sur le fait qu'en cas de planing ou semi-planing, la surface mouillée sera réduite et les efforts de déplacement de volumes d'eau supprimés.

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  9. Même si je n'ai que de très très vagues notions de shape qui me viennent du funboard, je dois dire que cet article m'a vraiment beaucoup intéressé!
    J'ai surtout été surpris de constater que je me suis posé exactement les mêmes questions que Lomic, le premier commentateur de ce billet.

    En tous cas ça mérite des développements, vivement des prototypes pour valider tout ça!

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  10. Super intéressant,
    Je me lance dans la construction d'un 14 pieds sur ce principe (aprés avoir vu les images de Laird). Et je suis tombé sur ton article.
    De bonnes infos, merci.
    Romain

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  11. Merci Romain pour ton commentaire.
    Regarde surtout mon dernier article en cours sur le sujet (essai du proto Ogive #1 sur www.ogive.info) ou tu pourras étudier une vidéo en situation, et mes conclusions sur les pour et les contres avec des suggestions d'amélioration.

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